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Cette nuit là, il pleuvait…

Les cloches de la cathédrale tonnaient de toute leur force. L'alarme retentissait jusqu'à mon profond sommeil. Je m’éveillai en sursaut, privé d'une trop courte nuit, nuit qui ne s'était toujours pas achevée. « Cornell ! Lève-toi ! La garde est demandée, il se trame d’étranges choses en ville. »

Entendant les paroles de mon subalterne de chambre, Ferband Grincenez, je me levai rapidement de ma couche et mis les pieds au sol. D’un geste rapide, je chaussai mes bottes ainsi que mon armure de soldat et j’empoignai un sceau d’eau pour m’asperger le visage. Mes esprits recouvrés, je me dirigeai vers la fenêtre du dortoir et essuyait d’un revers de manche la crasse qui l’arborait, et observai les dehors. Une activité intense semblait secouer la ville. De la fumée s’émanait de parts et d’autre des toits de quelques bâtisses tandis que des foules de citoyens courraient en tous sens, hurlant et paniquant. Frappé de cette vision d’horreur, je me tournis vers Ferband. « Mais enfin, par la Lumière, qu’est-ce donc que ce vent de panique Ferband ? Que se passe-t-il en ville ? » Questionnai-je mon frère d’arme.

- Il semblerait qu’ils soient arrivé jusqu’au sein même de notre glorieuse cité, je le crains. Répondit-il, une étrange sérénité dans sa voix. Comme si il attendait cet instant depuis toujours.

- « Ils » ? De quoi parles-tu enfin ?

Sans prendre le temps de me répondre, Ferband se dirigea vers la sortie, son épée et son bouclier en main. Sans un mot, je fini par le suivre, empoignant mon armement, et sorti du dortoir. Une odeur âcre de fumée et de sang se dégageait à l’extérieur, l’odeur moribonde de la guerre. De la cendre volait au-dessus de la ville, s’échappant des toits incendiés. Le ciel lui-même pleurait sur cette horrible nuit, déversant une fine pluie sur mon visage. La Lumière nous avait-elle abandonnée ? La panique et le désespoir commencèrent à submerger mon esprit. Qui était notre ennemie ? Quelles chances avions nous fasse à un tel massacre ? Entre les cris et les plaintes des citoyens apeurés, je pu entendre des hurlements de bête, des cris semblables à ceux des loups en beaucoup plus monstrueux. Alors que mon courage faiblissait, je perçu une voix tonitruante, une voix qui m’étais étrangement familière, la voix de notre bien aimé Prince, Liam Grisetête. « Soldat de Gilnéas ! Le vent nous apporte un nouveau défi ! L’évacuation des citoyens est notre priorité. Ne faiblissez pas et affrontez ce mal de toutes vos forces ! »

Entendant les paroles du monarque, je sentis une chaleur monter en moi. Les seules paroles du Prince avaient suffi à me redonner espoir. Observant les alentours, je constatai que je n’étais pas le seul soldat à qui le discours avait fait croitre un courage inextinguible. Ayant entendu les instructions mais n’ayant aucune informations sur l’état des lieux, je m’empressai de retrouver Ferband lorsqu’une voix appela mon nom. « Cornell ! Cornell Aubelame ! Bougre de chien mouillé, où étiez-vous soldat ? Encore à vous prélasser sur votre oreiller ? » Beugla le Sergent Hurthen Lorebelin, un homme de haute carrure usant d’une claymore à deux mains pour se battre.

- Au rapport mon Sergent. Dis-je à mon supérieur en effectuant le salut de l’armée Gilnéas. L’un des rares saluts militaires ayant gardé sa splendeur des guerres d’antan.

- Nous sommes dans le fumier jusqu’au cou, soldat, la ville est aux proies de ces bêtes sauvages. L’ordre d’évacuation total de la cité a été donné. M’expliqua le Sergent.

- « Ces bêtes sauvages » ? Que voulez-vous dire ? Questionnais-je le militaire.

- Les Worgens garçon, la malédiction s’est décuplée sur un trop grand nombre d’entre nous. Ils sont déjà aux portes de la ville ! Aidez les villageois de ce secteur à évacuer, nous nous retrouverons devant la place militaire ensuite, le Roi ne devrait plus tarder. Exécution soldat !

A ces mots, le Sergent s’en alla, courant en sens inverse de la population qui évacuait. Ayant reçu mes instructions, je tentai de me remémorer les exercices d’évacuations que l’on avait rabâché au cours de longues journées. L’optique d’une invasion causée par l’épidémie était à prévoir et nos pires craintes furent entreprises. Une explosion retentis au loin, me sortant de ma réflexion. Je me dirigeai vers un groupe de villageois apeuré, leur sommant de me suivre. « Que ce passe-t-il Sire ? Questionna un homme, tenant une petite fille dans ses bras. Comment notre cité peut-elle être en si mauvaise posture ? »

- Vous serez informé de la situation en temps voulu, citoyen. Répondais-je, ne pouvant divulguer la vérité.

Il fallait par-dessus tous éviter d’amplifier la panique générale en divulguant la terrible situation de la ville. Je les conduisis jusqu’à la sortie Nord de la ville, vers le point de rassemblement.

« Ici vous serez en sécurité, suivez les instructions du Commandant. » leurs expliquai-je avant de retourner au front.

- Que la Lumière vous bénisse brave soldat. Me louangeais la femme du petit groupe.

La vision de ce groupe ne put m’empêcher de songer à ma propre famille. Où se trouvaient-ils ? Étaient-ils sauf ? Tout en me questionnant, je reparti en sens inverse, évitant les foules de citoyens apeurés, traversant la fumée des incendies dont le vent en avait fait descendre une grande masse. Alors que je parvins au pont séparant le quartier militaire du quartier marchand, j’entendis d’horribles hurlements de citoyens apeurés suivit de cri de monstres. « Certains ont pénétrés au sein de la cité ! » Criait un soldat non loin, pendant que le vent emportait la fumée des brasiers un peu plus haut, libérant mon champs de vision. « Ils passent par les canaux ! Ils passent par les canaux ! »

Le cœur serré par l’angoisse, je couru en direction des cris lorsque je les vi. Mi-homme, mi- loup, d’imposantes créatures galopaient tel des bêtes sauvages sur un groupe de soldats en train de protéger les villageois. Les Worgens commençaient à affluer dans la ville. Reprenant ce qu’il me restait de courage, j’empoignai mon épée ainsi que mon bouclier et me ruai en direction de l’une de ces créatures en train de déchiqueter le torse de l’un de mes frères d’arme. J’abattis ma lame dans le dos de la bête qui grogna et bifurqua sur le côté par l’aisance d’une grande agilité. Je pus alors apercevoir son regard meurtrier et dénué de toute humanité ainsi que ses terribles crocs acérés. L’homme loup se rua sur moi, la gueule grande ouverte. Je plaçai ma lame en avant, lors de l’assaut de la bête. La lame se planta dans le torse du monstre, mais sa force me fit tomber à terre. Pris de convulsion, le Worgen resta inerte sur moi, déversant un flot de sang sur mes mains et mon torse. Ne souhaitant pas rester coincé sous son poids je le soulevai de toute mes forces et le fit basculer sur le côté. Reprenant mon souffle, j’observai un instant le corps de la bête, un élan de pitié traversa mon esprit. Au fond de moi, je ne pouvais nier la terrible vérité : Ce monstre était l’un des nôtre, un Gilnéen épris de la terrible malédiction qui incombe notre peuple depuis plusieurs lunes. Je me relevai lorsqu’un éclair de douleur me traversa le bras gauche. Je tournai les yeux vers celui-ci et constatai qu’il était meurtri. Lors de son assaut, la bête était parvenue à m’asséner une terrible morsure. « Cornell ! Tout va bien mon ami ?! » Appela une voix derrière moi. Je me retournais et apercevais Ferband, courant en ma direction, du sang s’écoulant encore de sa lame.

- Ferband ! Enfin je te retrouve. Dis-je, soulagé.

- Ces immondices sont parvenues jusqu’ici… Constata le militaire en observant les cadavres de Worgens et de soldats Gilnéen gisant non loin. J’ai déjà occis un bon nombre des leurs. Le Roi arrive, il nous faut rejoindre la place Militaire, suis moi ! M’ordonna-t-il, courant vers le Sud.

Etrangement, ses paroles étaient dénuées de compassion envers nos frères maudits. Etait-ce la fougue et l’adrénaline causé par la peur, qui provoquait chez lui une telle aversion envers eux ? Je l’ignorais. Pour le moment, je me contentais de suivre les ordres et suivit mon compagnons d’arme. Nous traversâmes le pont reliant les deux quartiers et arrivâmes jusqu’au lieu de rassemblement de la garde. Parmi l’armée Gilnéenne présente devant la porte Sud, se trouvaient de nombreux citoyen, armée de rapières, d’épée courte, de fourche et de pioche. Leur regard luisait au rythme des flammes de leurs torches, leur offrant un halo de hargne et de combativité. Le peuple lui-même en fut réduit à affronter cette menace grandissante. Ferband et moi nous rangeâmes au sein des rangs de l’armée, parmi nos confrères. Notre souverain, le Roi Genn Grisetête venait d’arriver au galop, surmontant un magnifique destrier en armure.

« Soldats, Citoyens, Milice, Peuple de Gilnéas ! Un évènement terrible nous accable en cette heure tardive. La malédiction a touché bon nombre de vos frères et sœur, et je conçois parfaitement que votre frayeur grandit dans l’idée de devoir massacrer votre propre famille à présent maudite. Mais ne succombez pas au désespoir mes amis, ne doutez point de vos actes. Ce que vous offrirez à ces malheureux est une rédemption des plus justes et des plus mérité. En coupant le fil de leur vie, vous les délivrerez de cette horrible malédiction ! Suivez-moi Gilnéen ! Notre patrie n’est pas encore tombée et nous ne permettrons jamais qu’une telle chose se produise ! Si nécessaire, jusqu’à l’aurore nous combattrons ! »

Les paroles du souverain furent suivies d’acclamation et d’applaudissement. Moi-même je ne pus m’empêcher d’applaudir cet homme, que dis-je, ce héro fièrement monté sur son fidèle destrier. Ses paroles eurent un effet des plus efficaces sur notre moral. Tandis que le Roi établissait un plan rapide avec les dirigeant de l’armée, les commandants de chaque bataillons suivirent les procédures déjà mises en places et ordonnèrent à leur différents corps d’armée de les suivre.

Faisant partie du onzième bataillon de l’armée, je fus sous les ordres du Commandant Ulrich Hargnefroid, un vétéran de la deuxième guerre. De sa voix rauque et ferme, il nous ordonna de nous rendre à l’entrée de la cour de Gristête, au Sud-Ouest de notre position. Le bataillon était divisé, une grande partie se situait sur le front principal, devant la cathédrale. Notre petit détachement se dirigea donc vers les beau Quartiers de Gilnéas. Pendant ce temps, les soldats du seizième bataillon nous ouvraient la voie, retenant les créatures qui affluaient par les canaux.

« Soldat, nous allons devoir progresser au sein de l’afflux des lignes Worgens. Ces ruelles sont pour le moment sécurisées, les villageois ont déjà été évacués dans ce secteur. Restez cependant sur vos gardes, ces monstres sont d’excellent rôdeur, ils peuvent masquer leur pas et leur présence. » Expliqua le Commandant. « Formez des groupes de deux et progressez surement. Nous devons les prendre à revers sur la place de la Cathédrale. Des renforts sont à prévoir par la suite. »

A ces mots, chacun fit équipe avec un partenaire et Ferband fut mon équipier. Nous nous séparâmes du reste du bataillon, passant par le coté Est du quartier, progressant lentement, nos sens à l’affut. Un calme non naturelle régnait au sein des ruelles. Le son de la bataille semblait disparaitre à mesure que nous progression au sein de ce silencieux dédalle pavé. Seul le bruit des gouttes d’eau et des parchemins volant au gré du vent rompait la monotonie de ce silence. L’air ambiant était étrangement froid, de la vapeur sortait de nos bouche au rythme de notre respiration saccadée,  ni moi ni Ferband n’osions prononcer quelconque mot. A tout instant, une nuée de Worgen pouvait se jeter sur nous par les toits ou les coupe-gorges. Une tension inimaginable emplissait mon esprit. Mon cœur palpitait à m’en rompre les veines. Le moindre bruit suspect, le moindre mouvement d’ombre provoqué par le vacillement des lanternes suffisaient à me faire frissonner l‘échine. Combien de temps dura notre marche au sein de ces sombres et tortueuses ruelles ? Je l’ignore. Ma blessure au bras me lacérait les nerfs, les anneaux de mailles de mon armure se frottaient contre elle, amplifiant la douleur. Sachant parfaitement les risques liés à cette meurtrissure, je ne pus entreprendre de divulguer sa présence à Ferband, même si j’étais certains qu’il l’avait remarquée de lui-même. Il s’apprêta à parler lorsqu’un grondement provenant d’une sombre impasse nous fîmes pivoter vers celle-ci. Nous observâmes un instant les ténèbres abyssales de l’artère, ne distinguant tous d’abord rien. Deux lueurs brillantes semblaient pourtant être apparut lors d’un bref instant. Nous échangeâmes un regard, puis levâmes notre bouclier ainsi que notre épée. Le temps de faire un pas en avant, un Worgen surgit de la pénombre et se jeta sur moi. Bloquant l’attaque avec mon bouclier, je profitais de son élan pour le soulever et l’envoyer derrière nous. Je courais en sa direction, la pointe de ma lame en avant pendant qu’une autre bête sautait d’un toit voisin en direction de Ferband. « Attention ! » Lui criais-je. Mon avertissement lui permit de reculer et d’esquiver de peu la féroce créature.

- Ha, ha, vile félon ! Rétorqua-t-il à l’adresse de son assaillant. Tu croyais m’avoir à si bon compte ?! Amplifia-t-il tout en plongeant sur son adversaire, lame en main et bouclier levé.

Mon adversaire envoya un coup de griffe dans ma lame, se blessant lui-même. Après avoir poussé un hurlement, il se mit à se débattre et à tenter de me lacérer à l’aide de ses puissantes griffes, envoyant une volée de coup en ma direction. Mon bouclier étant levé, je puis parer ses attaques. Son assaut continuel me força tous de même à reculer et sans m’en rendre compte, je percutai une marche en bois de l’entrée d’une cave. Je choirai sur la trappe fermée, tentant de reprendre mon équilibre et de me relever. Malheureusement, le Worgen, vif et agile profita de ma faiblesse et sauta sur moi, brisant la trappe sous l’impact. Nous tombâmes dans les abysses de la cave humide, dévalant l’escalier. Malgré le vacarme produit, je pus distinguer un cri aigu dans l’ombre de la cave. Au sein de la fumée dégagée par notre chute, j’aperçu la silhouette du monstre qui se relevait. Sans attendre, j’envoyai ma lame en sa direction, la plantant dans son torse. La créature émit un gémissement avant de choir au sol, sans vie. Je me relevai, entendant les cris de Ferband qui accourait, son épaule ensanglantée. « Cornell ! Par la barbe de Crowley, tous vas bien ?! » Cria-t-il.

- Je vais bien Ferband, ne t’inquiète pas. As-tu eu raison de ton adversaire ?

- Il gît au sol comme la plus part de ses confrères qui ont eu le malheur de croiser ma route.

La fumée se dégageait et je le vis debout devant moi, affichant un sourire victorieux.

- Cornell ? Cornell, est-ce toi ? Questionna une voix féminine au sein des pénombres de la cave.

- Marie ? Répliquais-je à la question, croyant dans un élan d’espoir reconnaitre la voix de ma femme. Sans que je n’aie le temps de me relever, elle se jeta sur moi, m’enlaçant et pleurant à chaude larme.

- Oh Cornell… Mon amour, je croyais ne jamais te revoir… Quelle horrible tragédie que subit notre cité… Sanglota-t-elle sur mon épaule.

- Ne t’inquiète pas Marie, je suis là. Simon est-il avec toi ?

- Je suis ici papa. Répliqua une voix d’enfant au sein de la pénombre.

Entendant la voix de mon fils, un soulagement emplit mon esprit. Je le vis sortir de la pénombre, également en larme et se ruer sur moi, m’enlaçant moi et ma femme. Pour le comble de mon bonheur, je me retrouvais, malgré la tristesse de ce conflit mortel, entouré par les deux êtres que j’aimais le plus en ce bas monde.

- Nous ne pouvons rester ici. Dis-je tout en défaisant leur étreintes, apercevant leur yeux rouge et gonflé par leurs pleures. Il nous faut rejoindre le gros des troupes. Suivez nous, nous vous guiderons jusqu’à la Cathédrale, vous serez en sécurité une fois là-bas.

- Mais, vous êtes blessé ?! S’écria Marie, apercevant nos deux blessures à Ferband et moi. Auriez-vous été mordu ?! Par la grâce de la Lumière, répondez-moi le contraire !

Ferband et moi-même observâmes chacun la blessure de l’autre, puis nos regard se croisèrent. Au fond de moi-même, je savais qu’il pensait à la même chose que moi. Tôt ou tard, nous devront subir les prémices de la malédiction pour ensuite rejoindre les rangs ennemie contre notre volonté. Sans énoncer un mot, je me levai et commanda à mon fils et ma femme de faire silence et de nous suivre. J’emboitais la marche pendant que Ferband la fermai, ma famille étant protégée entre nous deux. Malgré les sanglots silencieux de ma femme qui me déchirèrent le cœur, j’entrepris les devant et remontai les escaliers de l’humide et sombre cave.

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